Lundi 29 novembre 2010
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J'ai effectué quelques heures de trajet dans un bus plein à craquer mais en compagnie de sympathiques chinois dont une chinoise qui me montrait le paysage
montagneux et qui essayait de communiquer avec moi en écrivant ce qu'elle disait en chinois sur une carnet...dur dur j'ai à peine compris un quart, bref! Toutefois pas besoin de dictionnaire pour
admirer les rizières qui défilaient et plus étonnant, des champs entier de bananiers!
A peine arrivée à Yuanyang, le temps s'est couvert et il a plu durant toute la nuit. Pas grave, je gardais espoir d'une amélioration pour le lendemain. Ce fut la
douche froide. Durant les deux jours que j'y ai passé, j'ai gardé la tête dans les nuages au sens propre. Pas de visibilité à plus de 50 mètres. Adieu (selon les guides) la vue sur les plus
belles rizières de Chine ainsi que les balades dans les marchés éthiniques de la région. D'ailleurs dans cette région vivent une majorité de Hans (ou Hanis je ne suis pas sûre qu'il y ait une
différence) et c'est de leur langue qu'est originaire le madarin, langue officielle actuellement en Chine.
Seule animation sur la place du village: tous les soirs au milieu de la brume, les chinois installent un poste de musique et effectuent des pas de danses/exercices
de façon plus ou moins synchronisés. Nombreux sont les passants qui s'arrêtent pour regarder ou bien qui rejoignent les autres danseurs.
Fort heureusement tout n'allait pas si mal puisqu'à défaut de paysages renversants, j'ai fait de belles rencontres. Quel est le meilleur endroit pour cela? Un petit
restaurant peu engageant (pour nous européens) mais qui proposait une cuisine excellente. En fait c'est certainement la meilleure cuisine chinoise que j'ai pu déguster jusqu'à présent.
Première étape: se faire comprendre... La première fois que j'y suis entrée ils ont vite compris que je ne parlais pas chinois et la cuisinière m'a demandé de
désigner les aliments que je désirais manger. Trop bien. Toutefois même en choisissant ses aliments les surprises ne sont pas exclues. Premièrement parce que je ne connais pas les aliments que je
désigne, deuxièmement parce qu'ils rajoutent des épices et autres.
Pour mon dernier dîner, ils m'ont conseillé et c'était ultime: sauté de porc avec de la menthe frite dans l'huile. En option ils m'ont apporté une soupe que je
n'avais pas commandé et au bout de quelques bouchées j'ai reconnu le "légume": oui mesdames, messieurs, j'ai mangé de l'herbe et j'ai bien aimé!
Les plats sont prévu pour deux personnes donc autant dire qu'à chaque fois j'étais rassasiée. Au moment de quitter le restaurant, l'équipe (cinq chinois) a insisté
pour que je reste et ils m'ont offert du thé avant de m'inviter à leur table. Ils dînaient à la fin de leur service.
Evidemment ils m'ont proposé à nouveau de manger et de partager avec eux de bons plats. Pauvre estomac qui ne comprenait pas que je devais faire honneur à mes hôtes
du soir. Sans compter qu'ils m'ont offert de l'alcool de riz qui décape tout ce qui passe et comme au Laos je n'ai plus compté les "Ganbei" (à la tienne)! Au bout de trois heures j'essayais de
finir mon verre pour partir, impossible ils sortaient à chaque fois une nouvelle bière. Fort heureusement elles sont ultra légères (environ 3%) donc aucun problème de "gestion".
Nous avons essayé de communiquer tant bien que mal. Mon petit phrase-book était d'un grand soutien et ça les inspirait. J'ai demandé aux deux femmes à quelle ethnie
elles appartenaient et sans surprise (grâce à la coiffe typique de l'une d'entre elle), elles m'expliquèrent qu'elles étaient Hans.
En fait je possède quelques maigres bases de chinois mais avec leur accent et leur dialecte c'est de la folie pour comprendre quelque chose. A chaque fois que je ne
comprenais pas, la cuisinière insistait pour écrire en chinois (bien sûr pas en pinyin, version du chinois utilisant notre alphabet) ses phrases. L'expression "C'est du chinois" ne m'avait jamais
semblée aussi appropriée!
La première phrase est basique donc j'ai réussi à la déchiffrer facilement, la seconde j'ai buggué sur un mot. Bref la chinoise me demandait si je voyageais seule
en Chine. Les deux femmes furent à la fois surprises et admiratives, la classe ;-). Seconde question, est-ce que je travaille? Eheh, c'est pour bientôt et je leur ai même appris à prononcer
Michelin!
En leur compagnie j'ai passé l'une de mes meilleures soirées en Chine et je suis encore étonnée de l'accueil chaleureux qu'ils m'ont offert. Leurs sourires, leur
curiosité et leur cuisine: ultimes.
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