Day off
Notre départ de Nathong approchant, senkeo décida que ce mercredi allait être chômé!
Nous sommes partis en moto avec les ouvriers chez les beaux-parents de Senkeo qui habitaient dans un coin perdu entre deux villages. Déjà que les villages ici sont perdus, je vous laisse imaginer un coin perdu entre deux villages perdus!
Ils possédaient une maison en bambou sur pilotis. En plus, ses beaux-parents avaient construit une sorte de barage en bambou sur un petit cours d'eau derrière leur maison, ce qui permit aux laotiens et à Fred de ramasser une quantité importante de poissons. Le tout sans avoir à utiliser masque et arbalette. Le seau qu'ils ont rapporté débordait de poisson. Ils les ont alors trier pour mettre les plus gros (qui étaient petits!) dans une sorte de nasse en forme de trompette. Ensuite ils sont allés dans la rivière pour nettoyer les poissons.
Comme pour le pique-nique, ils avaient ramassé beaucoup de plantes mais là il y en avait encore plus et je n'en reconnaissais pas beaucoup. La menthe, classique et indispensable, de la citronnelle, les tiges des oignons, des feuilles inconnues au bataillon. A ceci s'ajoutait des fleurs de bananiers, du gingembre, des piments evidemment, concombres, choux, tomates...
Un lao a alors fait cuire les poissons sur une grille, la chaleur semblait etouffante dans cette partie de la cabane. Deux autres laotiens ont coupé piments et fleur de bananier (à la machette!) afin de préparer du laap de poisson. Cette spécialité laotienne peut se préparer à base de poisson, de poulet ou encore de boeuf il me semble. Dans notre cas ce sera poisson crû.
Après une ou deux heures de préparation, nous pouvions déjeuner. La belle-mère de Sengkeo était assise à côté de moi et comme j'ai quelques traits asiatique elle était toute attentionnée. C'est pourquoi elle m'a gentiment montré comment il fallait manger tout cela.
Elle prit une feuille verte, dans laquelle elle mit un peu de choux. Puis elle ajouta quelques pâtes blanches, de la menthe, de la citronelle, du gingembre, du poisson, des cacahuètes et enfin de la sauce légérement pimentée. Ensuite elle roula la préparation et me fit signe de manger. Je ne me fis pas prier! C'était carrément bon comme préparation et pas bourratif du tout. Résultat, nous en avons mangé des dizaines jusqu'à ce que nous n'en pouvions plus. A chaque fois qu'il manquait du poisson, de nouveaux étaient apportés. Puis ils ont apporté le laap de poisson cru, j'ai gouté par curiosité. Le gout était inhabituel, un mélange de sucré et de salé. Ce plat était très frais (la menthe peut etre) mais pimenté; de toute façon je n'en ai pas mangé beaucoup parce que le poisson crû...vite fait.
A la fin du repas et comme cela se fait souvent en Asie, ils ont apporté le riz gluant. En effet, lors des repas de fête ou au restaurant, il est impoli de manger du riz au début du repas ou avec les plats. Cela signifie que l'on a peur d'avoir faim et que l'on se cale l'estomac avec du riz, une nourriture peu chère, sans faire honneur aux plats servis. C'est pour cela qu'il est servit à la fin.
Ah j'ai oublié de vous parler du lao-lao qui a tourné durant tout le repas. L'un des laotien avait une bouteille d'eau et un petit bout de bambou qui lui servait de shooter. Au début du repas il me temps la bouteille ainsi qu'un verre. Chouette de l'eau, je m'en sers un demi verre et là il me regarde étonné en me disant "lao-lao". J'ai senti le verre...ben ça n'était clairement pas de l'eau mais de l'alcool de riz!
Durant tout le repas, le laotien remplissait le shooter et le proposait à tour de rôle à tous les convives. Je peux vous assurer qu'il arrachait la gorge, genre eau de vie. Entre ça, le festin et la trentaine de degrés, nous avons bien mis deux heures à nous en remettre avant de prendre la route du retour. Quel bon déjeuner typiquement lao. Les ouvriers ont mis une journée à s'en remettre, le lendemain ils n'ont pas travaillé...