Visites à Ayutthaya – Part II
Après cette pause, retour à la civilisation ou plutôt à la « touristilisation ». Il s’agit d’un phénomène simple et qui se joue en équipe, en voici une brève description:
1ère équipe : Prenez disons une personne âgée au minimum d’une quarantaine d’année et groupez la avec ses congénères. Equipez les de lunettes (de vue ou de soleil selon l’option choisie), d’une coiffe (bob, casquette, chapeau…), d’un sac à dos mais sachez que la banane refait son apparition et c’est très tendance. Vous avez un joli troupeau. Lâchez ce cheptel dans les sanctuaires et regardez les évoluer c’est amusant. Il s’agit d’animaux craintifs qui ne se déplacent jamais seuls, ils chassent en meute. De quoi se nourrissent-ils ? De photos, encore de photos et encore. Le principal souci c’est qu’ils ne regardent pas les monuments devant lesquels ils se tiennent, ils prennent la pause devant, le photographie à 360° mais à aucun moment ils ne s’arrêtent et ne le regardent. Vous me direz, une fois de retour à la maison ils pourront regarder les photos sur leur ordinateur…

Attention, cette équipe à des adversaires coriaces.
La 2ième équipe possède une moyenne d’âge beaucoup plus basse, disons de 5 ans jusqu’à la trentaine. De plus plus s’ils sont maigres et s’ils ont travaillé leur regard suppliant, ce sont des atouts précieux. La répartition des rôles se fait de la manière suivante : si le joueur est jeune et débute dans l’équipe, il n’aura pour seul accessoire que des insectes tressés à la main et vendu 2 Bath l’unité.
Si le participant est plus âgé et qu’il a pris du galon, il pourra vendre des cartes postales à 10 Bath l’unité. Sacrée promotion.
Enfin le maître d’orchestre qui tire les ficelles et exploite ces enfants se tient à l’écart un bébé dans les bras (pour ne pas dire la relève dans les bras). Il surveille de près le travail de ses ouailles qui œuvrent en plein soleil, pieds nues et sans rien sur la tête. La règle du jeu est simple : pas de règle. Je les ai vus attaquer l’équipe numéro une en s’agrippant à eux, gémissant, larmoyant à n’en plus finir.
L’arbitre n’a pas encore décidé du vainqueur mais je peux vous assurer qu’il vaut mieux observer le match depuis les tribunes.
Retour à la visite. J’étais donc arrivée au Wat Phra Si Samphet qui est connu pour héberger un bouddha haut d’une quinzaine de mètres.
Les chaussures en moins j’ai pu entrer à l’intérieur et j’avoue avoir été impressionnée tant par la grandeur du bouddha que par la ferveur des prières. De nombreux bonzes en toge orange s’y trouvaient. A l’extérieur, les fidèles brûlaient de l’encens et déposaient une orchidée en offrande aux pieds de bouddha. Certains d’entre eux laissaient un billet qu’ils glissaient soit dans des urnes, soit directement dans l’écharpe de bouddha.
Par contre une fois de plus j’ai été étonnée par la taille du temple : suffisante pour héberger le bouddha mais insuffisante pour accueillir de nombreux fidèles. Comme si le fait qu’ils puissent venir se recueillir importait moins que la taille de la statue à adorer.
En ressortant du temple j’ai croisé les doigts pour retrouver ma paie de chaussure car vu les équipes qui trainaient dans les parages elles auraient pu finir en vente de l’autre côté du temple. A ce moment là je pensais précisément à un épisode extrait de Slumdog Millionnaire dans lequel les deux frères sévissaient au Taj Mahal !
Ce fut de belles visites mais les lieux n’étaient pas plus envoutants que cela. Je n’ai pas été séduite certainement aussi à cause du nombre de touristes et d’attrapes touristes. Cela est dû à la proximité de la ville avec Bangkok, beaucoup se permettent une excursion pour la journée.
