Du bar gay au bar punk…
Ne vous inquiétez pas je ne me suis « convertie » ni à l’un, ni à l’autre mais j’ai suivi le mouvement comme un brave petit mouton et je n’ai pas été déçue !
Ce soir là les Finlandaises nous ont invitées à les suivre dans un bar gay pour suivre l’eurovision. Première question qui nous est venue à l’esprit : pourquoi un bar gay ? La réponse fut rapide : tous les autres bars retransmettent des matchs de foot, seuls les bars gays retransmettent l’eurovision. Je vous laisse méditer là-dessus !
Sur place, l’ambiance était sympa, ni trop de monde, ni trop vide. Le plus drôle c’est qu’il y avait énormément de filles, pas forcément gays et l’explication fut fort simple aussi : dans les bars plus « classiques » elles se font accoster donc pour être tranquille elles viennent là !
Heidi et Tiina étaient survoltées, à peine arrivés elles avaient tout préparé : stylo et papier pour dessiner notre drapeau, maquillage pour redessiner des drapeaux mais cette fois sur nos visages. Elles étaient même habillées à leurs couleurs nationales, c’est dire leur engouement. A la table, pas moins de sept nationalités différentes et le jeu était de reconnaitre les drapeaux :
Absentes des photos l’Ukraine et l’Espagne, ci-dessus le Royaume-Uni, la grippe porcine (oups pardon le Mexique), le Pérou, la Finlande et la France.
La fête pouvait commencer. Dire que je n’avais jamais suivi l’eurovision en France et que je me retrouvais dans un bar gay avec des personnes originaires des quatre coins du monde pour le regarder. L’ensemble des prestations ne m’a pas emballé, l’ambiance avec Daniel était plutôt au « moquage » collectif parce que certaines nations se moquaient ultimement, pour ne citer personne la Grèce par exemple. Toutefois Patricia Kaas a géré sa représentation, malheureusement on ne pouvait pas gagner car cela manquait de show pour plaire à la populasse européenne, mais elle a géré !
L’un des plus forts moments fut le passage de la Finlande of course. Les finlandaises débordaient d’enthousiasme et criaient en battant des mains dans tous les sens. Le spectacle ne se passait pas à la télé mais à côté de nous, c’était beaucoup plus drôle de les regarder encourager leur pays. Je n’aurais jamais pensé, avant de les voir, que des personnes pouvaient aimer l’eurovision à ce point.
Ensuite il a fallut attendre les résultats, 40 pays votaient, mais où s’arrête l’Europe je vous le demande ?! La joie fit place à la déception du côté de nos finlandaises favorites : leur pays se classa…en dernière position. La France obtient une honorable huitième place.
Puis nous avons rejoint Anne et Ronald, deux stagiaires chez MAN avec qui se trouvaient deux allemandes dont Roschana (je vous en parlerai, comment faire autrement) dans un bar du quartier universitaire.
Entre l’anglais, l’allemand et le français je ne savais plus comment je m’appelais, dur dur ! Pour la première fois je n’ai pas arrêté de rire à des blagues faites par une allemande. Comme quoi il existe quelques spécimens qui ont un sens de l’humour que je qualifierais de très français. La miss Roschana sortait ses blagues avec une spontanéité incroyable sans en avoir l’air. Par exemple lors des présentations, Daniel, le pauvre, dû avouer une fois de plus qu’il faisait son stage dans un coin ultra perdu. En gros les Ardennes allemandes. Du tac à tac, elle nous lâche un petit « Mais c’est un village où ils sont tellement peu nombreux que l’inceste règne et qu’ils se reproduisent tous entre eux ». Bon on aime ou on n’aime pas, nous avons validé bien entendu ! Anne m’a encore appris de bonnes expressions allemandes et je crois que tous les autres à la table étaient desespérés.
Lors de la fermeture du bar, nous avons croisé l’un des rares clochards de Munich. Là Roschana commence direct à lui parler en anglais pour s’en débarrasser. Le sort a voulu que l’on tombe sur le seul clochard au monde qui parle anglais, « pas de chance ma pov’ Lucette ». ..
Puis ladite Roschana nous a emmené dans l’un des seuls bars qui étaient encore ouvert à 2h et pour cause : à l’entrée il a fallut acheter une carte de membre, c’est ainsi pour tous les bars où l’on peut fumer. A peine entrée, nous avons compris pourquoi elle avait désigné cet endroit par « fucked off place ». Il s’agissait d’un gros repère de punk, tous vêtus de noir, la majorité avec des tatouages, des piercings, rasés sur les côtés mais avec des cheveux longs ou mèches voire nattes… Je n’ai pas osé prendre de photo de peur de mourir instantanément !
L’endroit bien que désorientant était cool, le seul inconvénient fut la fumée de cigarette. Il y avait tellement de fumée que ça nous piquait les yeux mais nous nous y sommes habitués.
Puis Ronald et Anna (à gauche) nous ont lâchés, comme des allemands, nous avons fini la soirée à parler avec Roschana qui avait avalé un clown. Comme nous n’avons cessé de lui répéter : elle n’est pas allemande. Dans le sens où elle fait des blagues énormes qu’ils n’osent jamais faire, elle n’est pas stressée, ne se couche pas tôt..etc la liste est longue. Son seul point commun avec les allemands est qu’elle boit comme eux !
Bref, le temps est passé à une vitesse folle mais fatigués par notre journée folle, nous avons décidé de rentrée chez nous. En sortant, surprise. Je n’en croyais pas mes yeux mais il faisait jour, étions-nous dans un monde parallèle ? Hallucinant et triste à la fois, nous n’avions pas vu passer la nuit. Let ‘s go to home.